
L'UMP FAIT DES SONDAGES POUR LES MUNICIPALES"La face cachée des décisions" http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/3_questions_a/20071112.OBS4419/la_face_cachee_des_decisions.html
Interview de Frédéric Dabi par Julie Coste le lundi 12 novembre 2007Différentes "fuites" dans les médias révèlent que l'UMP a commandé un sondage à l'Ifop, pour choisir si elle présentait Catherine Vautrin ou Renaud Dutreil aux municipales à Reims, et un sondage à Ipsos, pour trancher entre Rachida Dati, Jean-Marie Cavada et David Douillet pour le 12e arrondissement. Est-ce une pratique courante à l'UMP ? Et dans les autres partis ? - Cela se fait très souvent. Ici, ce qui est exceptionnel, c'est qu'il y ait eu des fuites (dans l'Union, Libération ou le Figaro), qui sont le fait de candidats ou de partis. Ce genre d'enquête d'aide à la décision est confidentiel. Il doit aider les partis à choisir le candidat le mieux placé pour briguer un mandat. Ça n'est pas de la communication, mais plutôt la face cachée des décisions. Tous les partis y ont recours, du Parti communiste à la droite républicaine. Mais c'est plus difficile pour les partis qui ont peu de moyens. Clairement, ce sont l'UMP et le PS qui commandent le plus souvent ces enquêtes.
Combien coûte ce type de sondage ? Les partis sont-ils de gros clients ? Si oui, n'êtes-vous pas tenté de leur donner les résultats qu'ils attendent ?
- Le prix est très variable, en fonction du nombre de personnes de l'échantillon, de sa pénétration, etc. Par exemple, pour le sondage sur Reims, toutes les personnes interrogées étaient inscrites sur les listes électorales. En gros, une enquête comme celle-ci coûte de 8.000 à 15 ou 16.000 euros. Les partis politiques ne sont pas nos plus gros clients, en comparaison des collectivités territoriales. Mais de toute façon, tous les instituts de sondage sont indépendants. Ainsi, pour le Journal du dimanche, nous avons réalisé un sondage selon lequel, pour 59% des Français, l'action de Nicolas Sarkozy n'a pas amélioré la situation. Et demain, pour Métro, nous publions une enquête qui révèle qu'une majorité de personnes interrogées ne trouvent pas la grève de mercredi justifiée. Un résultat "de gauche", un résultat "de droite" dans la même semaine !
Côté PS, Ségolène Royal a été choisie comme candidate pour la présidentielle parce qu'elle arrivait en tête des sondages. Mais elle a perdu. Est-il pertinent de se fier à l'opinion pour choisir un candidat ?
- Je suis persuadé qu'il existe différents leviers. Les sondages ne sont qu'un outil d'aide à la décision. Jouent aussi l'image locale, ou le choix des militants. Ségolène Royal a d'abord été choisie par les militants socialistes. Françoise de Panafieu, pour les municipales à Paris, a aussi été choisie par les militants. Même si ces sondages ont un poids important, nous ne sommes pas là pour jouer les juges de paix.
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