| Le monde des sondages - Portraits de sondeurs | ||
| Mardi, 22 Juillet 2008 11:44 | ||
Quand le gros chat Cayrol s’en va, les souris de l'Elysée dansent.Bolloré, l'ami de Sarkozy, offre une retraite en or à notre sondeur invétéré.L'université mange à la gamelle des sondagesTout d’abord, parce que Roland Cayrol a su s’imposer
dans le monde politico-médiatique à coups de chiffres bien sentis, de calculs
savants et du vernis universitaire fourni par son statut de directeur de
recherche au Centre de recherches politiques de Science Po. (Cevipof). Il s’est
révélé être un personnage incontournable et a contribué à donner le ton dès
lors qu’il s’agissait de relever l’avis d’experts sur les grands (ou petits)
évènements de notre vie politique. Ainsi, Roland s’est affirmé comme celui qui
savait déchiffrer l’opinion de ceux qui ne parlent pas ou que l’on écoute pas,
cette majorité silencieuse qu’il décrivait dans un ouvrage collectif en 2003 au
titre éloquent : A l’écoute des gens ordinaires. Ainsi, à la manière d’un Robin des bois des temps modernes, Roland contribuait à travers ses études d’opinion à l’approfondissement de la démocratie. Alors pourquoi partir ? et surtout pourquoi céder ses parts de marché de l’institut CSA au groupe Bolloré alors que ce même Roland dénonçait avec force il y a peu l’intrusion de grands groupes économiques dans la presse, menaçant ainsi son indépendance. Bolloré achète l'opinion publique?
Il s’agit là d’un aspect qui ne peut nous laisser indifférent, puisque c’est le riche et proactif groupe Bolloré qui bénéficie du départ de Roland en acquérant, le 9 juillet 2008, 60 % du groupe CSA dont il détenait déjà 40 % depuis 2006. Le groupe familial presque bicentenaire de Vincent Bolloré, se tourne depuis quelques années vers les médias et la communication. Propriétaire de la chaîne de télévision Direct 8, Bolloré a lancé en juin 2006 le quotidien gratuit Direct Soir. Il est également présent dans le monde de la publicité et du marketing en tant que premier actionnaire du groupe français Havas et du groupe britannique Aegis. Il détient aussi une participation de 30% dans le groupe de production audiovisuelle et de cinéma Euro Média qui rassemble les activités de production et de prestations dans l'audiovisuel. Et, cerise sur le gâteau, Vincent Bolloré est un ami proche de Nicolas Sarkozy qu’il avait gracieusement ( ?) invité sur son yacht après son élection présidentielle. Des sondeurs sous influence
Roland Cayrol s’en va, il aura su tirer grand
bénéfice de ses positions et du rôle des sondages dans l’arène médiatique et
politique. A la manière de l’ex-directeur général d’IPSOS Giacometti devenu
depuis janvier conseiller spécial de Sarkozy. Quel cynisme! Alors que la
rhétorique des représentants des Instituts implique de parler d’indépendance et
de scientificité, les arcanes des calculs ne révèlent que collusion et
asservissement. Finalement, Roland part en révélant la main mise de grands groupes économiques complices des politiques sur la propagande antidémocratique. N’est-ce pas là le plus grand service qu’il pouvait nous rendre ?
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| Mis à jour ( Mercredi, 23 Juillet 2008 13:43 ) | ||


Dans ces temps de confusion du pouvoir et des
médias, le rachat de l’institut CSA donne l’occasion de dénoncer une fois de
plus la collusion entre ces deux sphères. Une collusion qui non seulement nuit
au débat démocratique, mais qui plus est l’oriente et le manipule. Dans ce
cadre, les sondages apparaissent comme de véritables instruments de propagande
indignes d’une démocratie mature. 