| Les Sondages au secours des réformes du Gouvernement |
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| Analyses - Billets d'humeur | ||||
| Lundi, 23 Juin 2008 09:50 | ||||
Les Sondages au secours des réformes du GouvernementOn pensait la défaite de la majorité aux élections municipales sans équivoque. Fort heureusement, l'instrumentalisation des sondages sur les réformes gouvernementales a permis aux hommes politiques de contrer le tir, en minimisant le verdict des urnes.France 2, le 16 mars 2008 : soirée électorale sur
les élections municipales et cantonales. Les premiers résultats sont clairs,
"c'est un soir de défaite" pour l'UMP, comme le dira son
porte-parole, Jean-François Copé.
Cependant, il ne faudrait pas se méprendre sur les raisons de cette défaite. Les ténors du parti majoritaire sur le plateau, font valoir le caractère local de l'élection. Soit. Mais ils avancent aussi un curieux argument pour expliquer ce « réequilibrage » : « l'impatience » des électeurs, qui n'auraient pas voté contre la politique du gouvernement, mais bien plus contre sa mollesse à la mettre en œuvre. L'Élysée reprendra dès le lendemain cette brillante explication. Le propos a de quoi surprendre et friserait le ridicule si M. Pujadas n'avait présenté en début d'émission un sondage IIpsos/Dell indiquant que 39% des personnes interrogées veulent que le rythme des réformes s'accélère (contre 27% qui souhaitent un ralentissement, 29% un rythme identique et 5% ne se prononçant pas). Avec ce sondage, l'argument devient rien de moins que spécieux. Preuve en est, presque deux semaines plus tard, la séance des questions posées au Sénat. M. Véra, sénateur CRC, mentionnant les résultats des municipales, demande au premier ministre s'il a l'intention de changer l'orientation de sa politique. La réponse de M. Wauquiez intervenant au nom de Mme. Lagarde est simple : non. Ce refus, le secrétaire d'État chargé de l'emploi le justifie doublement : premièrement parce que des résultats encourageants ont été obtenus par le gouvernement, deuxièmement parce que « 67 % des Français veulent aussi que les réformes se poursuivent. » Qui sont ces 67% de Français, large majorité dont le gouvernement, par le truchement de son délicieux secrétaire d'État, se targue d'avoir le soutien ? Ce jour là, dans l'hémicycle M. Wauquiez ne l'explicite pas, mais gageons qu'il sortent droit d'un sondage. M. Wauquiez se référait-il au sondage CSA-DEXIA pour Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en France/I>Tele réalisé le 16 mars auprès de 2002 personnes, d'après lequel 67% des interrogés souhaitent qu'après les élections les réformes se poursuivent ? M. Wauquiez n'a-t-il pas eu connaissance du sondage BVA/Orange/L'Express réalisé les 12-13 mars auprès de 963 personnes, qui se prononcent à 62% pour un changement de la politique gouvernementale après les élections municipales ? M. Wauquiez, en sus d'administrer des vérités douteuses, aurait-il aussi fait une faute de français ? M. Wauquiez aurait-il voulu dire « 67% des sondés par CSA-DEXIA veulent que les réformes se poursuivent »? Le prestige du lieu et l'imposante ombre de M. Poncelet ont sans doute provoqué ces regrettables lapsus. Passons sur les petits mensonges par omission de M. Wauquiez, passons sur le fait que selon Ipsos/Dell la seule question valable sur les réformes gouvernementales est leur rythme, et non leur bien-fondé. Le fait est que ces deux sondages ont donné du grain à moudre à la majorité, s'accordant parfaitement à son discours bien rodé le soir des résultats électoraux : les Français ont voté pour des candidats de gauche parce qu'ils jugent qu'ils seront plus efficaces dans la mise en œuvre des réformes promues ... par le parti de droite. Il semblerait que nous n'ayons pas ici affaire à une malicieuse plaisanterie des primesautiers dirigeants de l'UMP, mais bel et bien à une tentative sophistico-sondagière de transformer une défaite en victoire. Art dans lequel – il est vrai – presque tous les partis sont passés maîtres. Plus encore, une fois n'est pas coutume, le sens du scrutin est tout trouvé. Point n'est besoin de réfléchir sur un éventuel message porté par les urnes – seule expression légitime de la volonté populaire en démocratie – puisque un sondage indique que 67% des sondés veulent une poursuite des réformes, voire leur accélération. Sa Sainteté IIpsos, en téléphonant à quelques centaines de personnes aura expliqué à l'ensemble des français ce qu'ils auront voulu dire par leur vote ce soir là. http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ08030092G&idtable=q188342 http://www.france24.com/fr/20080318-France-gouvernement-remaniement-nicolas-sarkozy-municipales http://elections.france2.fr/municipales/2008/soiree2ndtour/actu/41040711-fr.php http://www.ipsos.fr/municipales2008/2e_Tour/
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| Mis à jour ( Mardi, 22 Juillet 2008 12:29 ) | ||||




