Communiqué: la Commission des Sondages félicite les sondeurs PDF Imprimer Envoyer
Décryptages
Lundi, 17 Mars 2008 00:09
13 décembre 2007

Rapport de la Commission des sondages sur les élections 2007 :

un blanc-seing pour les sondeurs.


La Commission des Sondages a rendu public le 13 décembre son rapport d’activité 2007. Dans ce document, la Commission n’exerce pas son rôle de contrôle de la réalisation et de la diffusion de sondages électoraux, mais accorde un blanc-seing aux pratiques douteuses des sondeurs. L’association Sondons les Sondages !, qui lutte contre l’omniprésence des sondages dans le débat public, émet de fortes réserves à la lecture de ce rapport.

La Commission constate l’explosion du nombre de sondages (+ 52% entre 2002 et 2007) mais n’émet aucune réserve contre ce recours excessif. Elle oublie ainsi le rôle qui lui est imparti : veiller à ce que «la publication des sondages électoraux portant sur des intentions de vote ne vienne pas influencer ou perturber la libre détermination du corps électoral». sondages sans opinion

Les sondages réalisés sur des panels d’internautes posent un problème grave, car ils bafouent les règles élémentaires de la représentativité des échantillons. Faut-il rappeler que seuls 49% des foyers disposent d’un abonnement internet (Eurostat). La Commission des Sondages choisit cependant de botter en touche : ces enquêtes n’auront pas le droit de s’autoproclamer « sondages », mais pourront continuer à proliférer.

La Commission accorde dans son rapport une carte blanche à la réalisation de sondages sur le second tour des élections plusieurs mois avant l’élection. Une entreprise de sondage a ainsi essayé la candidature de Bayrou au second tour face à Royal et Sarkozy, test qui le donnait victorieux dans les deux cas. Mais comme le note un autre sondeur, « «Si on avait testé Corinne Lepage au second tour, elle aurait aussi certainement battu Sarkozy et Royal.» (R.Cayrol, CSA).

La Commission se réjouit car elle « est aujourd’hui parvenue à devenir l’un des acteurs du débat public sur les sondages ». Notre constat est beaucoup plus pessimiste : la Commission ne doit pas être seulement l’un des acteurs du débat sur les sondages, elle doit en être l’arbitre. « Trente ans après sa création, la commission des sondages a su développer des modes d’intervention moins formels que ceux prévus par la loi, mais dont l’efficacité n’est pas contestable ». Repoussant ses pouvoirs de contrôle, la Commission des Sondages a abdiqué devant les intérêts des instituts de sondage.


Mis à jour ( Jeudi, 18 Septembre 2008 14:31 )