L’institut de sondages 3C Etudes :Des méthodes ubuesques, en rien scientifiques !
« Créé en 2002, 3C Etudes est un institut d'études marketing tunisien indépendant ayant opéré les cinq premières années exclusivement sur le marché français » . Lors de la présidentielle 2007, cette entreprise a réalisé un sondage sur le deuxième tour.
Fait sans précédent, 3C Etudes a fait preuve de transparence en publiant les résultats bruts de cette enquête , que nous reproduisons ici . Ces résultats nous permettent de constater à quel point les résultats de sondages diffusés au public sont des chiffres modifiés par les sondeurs, sans que l’on connaisse les critères. On devrait leur faire une totale confiance…La publication des résultats bruts d’un sondage réalisé par 3C Etudes pendant la présidentielle 2007 démontre la supercherie des méthodes des sondeurs. Les sondages publiés ne sont en rien représentatifs, et les redressements effectués sont arbitraires.
Il y a fort à parier que ces méthodes soient les mêmes dans tous les instituts de sondages français. Si ce n’est pas le cas, pourquoi refusent-ils de publier les vrais résultats de leurs enquêtes ?
Des sondages représentatifs…des 7,73% de personnes acceptant d’être sondées.Pour obtenir 1002 personnes acceptant de participer à ce sondage sur le 2ème tour de la présidentielle 2007, 3C Etudes a du appeler 12 957 personnes, ce qui signifie que les 1002 répondants représentent 7,73% de leurs appels !
Un fort rejet des sondages dans la population.
Sur les 12 957 personnes appelées, 4854 ont répondu au
téléphone. Mais 3852 personnes ont refusé de participer à ce sondage, soit plus de 79% ! Malgré ce fort refus, les sondeurs attribuent une opinion à ces non-répondants en généralisant leurs résultats : « X% des français pense… ». Scientifiquement, rien n’indique que les personnes ne répondant pas aient la même opinion que les répondants. Par définition, leur opinion ne peut être connue ou déduite. Il y a fort à parier que les autres instituts connaissent des taux de refus similaires, ce qui explique leur réticence à dévoiler leurs chiffres bruts : tout le monde pourrait constater la non représentativité de leurs enquêtes.
Une taille d’échantillon non représentative. Seules 662 personnes ont donné une intention de vote par téléphone, sur les 1002 personnes acceptant de participer au sondage. Les autres affirmant ne pas savoir ce qu’ils feraient le jour du scrutin. Or la loi statistique de Gauss nous enseigne que pour un échantillon aléatoire de 1000 personnes, la marge d’erreur est de 3,2%. Pour 500 personnes, la marge d’erreur est de 4,5% . Imaginons que l’échantillon de 3C Etudes soit de 1000 personnes, ce qui n’est pas le cas comme nous venons de le voir. Cela signifie que si Sarkozy est donné à 51% et Royal à 49%, statistiquement on peut seulement affirmer que Sarkozy est entre 47,8% et 54,2% et que Royal est entre 45,8% et 52,2%. La fourchette pour chaque candidat est de 6,4%, et il existe une probabilité non négligeable que le candidat en tête soit deuxième. Il n’existe donc aucune certitude sur l’ordre d’arrivée des candidats, et mettre un candidat en tête relève d’une décision arbitraire, preuve soit de partialité politique, soit d’incompétence statisticienne.
Faire parler ceux qui ne répondent pas !Lors du sondage de 3C Etudes, les enquêteurs ont fait pression sur les sondés afin d’obtenir une opinion. Lorsque les personnes affirmaient une première fois ne pas savoir quel serait leur choix pour le scrutin, la question leur était de nouveau posée sous une nouvelle forme : « Si vous deviez vous décider tout de même, pour quel candidat y a-t-il le plus de chances que vous votiez ? ». On peut questionner la qualité et la sincérité des réponses ainsi obtenues, car on n’est jamais « obligé » de voter. Preuve que reposer la question est ridicule : seuls 71 des 343 non répondants ont finalement « lâché » un nom de candidat.
Un redressement aux allures d’extorsionPour construire son résultat de sondage, 3C Etudes opère des redressements qui n’ont rien de scientifique, mais tout d’arbitraire. Les personnes ayant répondues spontanément à la question sur le choix du candidat ont donné à Royal en tête avec 57%, contre 43% à Sarkozy. Les 71 personnes ayant exprimées un choix de candidat après que la question a été reposée une deuxième fois donne Sarkozy en tête à 61%, contre 39% à Royal. Reste les 272 personnes qui n’ont jamais donné la moindre opinion. De manière arbitraire et non scientifique, 3C Etudes décide que ces 272 personnes voteront à 61% pour Sarkozy, comme les répondants à la 2ème question. Sur quelle base peut-on penser que les personnes ne répondant pas vont voter comme les hésitants ? Si les enquêteurs de 3C Etudes nous lisent, nous sommes impatients de recevoir leurs éclaircissements. En ajoutant ces 272 personnes qui n’ont jamais répondu aux 586 autres, on obtient ce résultat final, présenté par 3C Etudes : « Conclusions : à la date du 2 mai 2007 avant le débat, léger avantage pour M. Sarkozy à 50,3% ». Notre objectif n’est pas de dire que l’un ou l’autre des candidats a été injustement défavorisé. Il s’agit de mettre en lumière l’importance des redressements effectués par tous les instituts de sondages. Redressements qui sont largement arbitraires. Ainsi, le candidat ici donné en tête avec 54% se retrouve deuxième après ces corrections.
P.S. : Selon les dires de l’entreprise 3C Etudes, la Commission des Sondages lui a donné son aval pour réaliser des sondages électoraux le 17 avril 2007 !
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