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Soutien à Alain Garrigou, traîné devant les tribunaux pour sa critique des sondages PDF Imprimer Envoyer


Pour avoir dénoncé les commandes opaques de sondages de l'Elysée, dont la Cour des Comptes a révélé le caractère peu respectueux du droit, Alain Garrigou fait l'objet d'une plainte pour diffamation de la part de M. Buisson, conseiller du Président Sarkozy, ancien défenseur de l'OAS et rédacteur du journal extrémiste Minute, principal bénéficiaire des achats opaques de sondages, avec Opinionway.

Un Appel en défense du Professeur Garrigou a été lancé, auquel nous apportons tout notre soutien:


Appel au soutien d’Alain Garrigou,

professeur de science politique

Insidieusement, dans la guerre des idées, un nouveau procédé devient « monnaie courante ». Il consiste à entamer des procédures judiciaires - quelles que soient leurs chances de succès - contre les intellectuels ou les journalistes qui dérangent. Alors, direction le tribunal ! Avec ceux qui les publient.

Ensuite, il est toujours temps de se dédire. Comme l’a fait Natixis à l’égard de Mediapart, « coupable » d’avoir diffusé un article accusant la banque d’avoir rémunéré François Pérol, secrétaire-adjoint de l’Elysée (avant de prendre la direction de Caisse d’Epargne-Banque Populaire), pour son action dans la société Rothschild et associés. Les plaintes furent retirées. Qu’importe, Mediapart avait dû payer les frais de défense.

La plainte pour diffamation publique, déposée par M. Patrick Buisson contre Alain Garrigou, a la même fonction : intimider. Engager ceux qui voudraient « l’ouvrir », à se censurer, les inviter vivement à « tourner sept fois la langue dans sa bouche ». Surtout s’il s’agit d’analyser comment l’Elysée procède.

En tapant au portefeuille. M. Buisson réclame, pour son honneur « bafoué », 100 000 euros de dommages et intérêts, une provision de 15 000 euros pour chacun des quatre médias censé publier le jugement et, bien sûr, la condamnation aux dépens. Rien de moins ! Les frais de M. Patrick Buisson seront payés par le contribuable puisqu’il perçoit 11 900 euros par mois, comme conseiller du Président. En 2008, sa société Publifact a reçu 1,6 millions d’euros, de l’Elysée toujours.

Quel est l’objet de cette plainte ? Une opinion intolérable, invraisemblable, vraiment ! A la suite du rapport de la Cour des comptes publié le 16 juillet 2009 et considérant les listings des sondages de l’Elysée publiés le 6 novembre, Alain Garrigou, professeur de science politique à l’Université Paris-Ouest, spécialiste des sondages, avait eu l’audace de déclarer : « L’Elysée défend le choix d’OpinionWay par Patrick Buisson [directeur de Publifact et conseiller du Président, ndlr] pour la rapidité des études Internet. Or, ils oublient de préciser que les sondages en ligne sont surtout réputés pour être moins chers ! Pourquoi l’Elysée paie beaucoup plus cher en passant par lui au lieu de les acheter à moindre prix directement ? Et pourquoi laisser Buisson se faire une marge de 900 000 euros sur son dos ? Soit c’est un escroc, soit c’est un petit soldat qui constitue un trésor de guerre pour payer des sondages durant la prochaine campagne électorale sans que ce soit visible dans les comptes de campagne du futur candidat Sarkozy. ».

Cette explication, à coup sûr, mérite procès. Comparution immédiate, presque. Rien, certainement, n’est plus grave.

La plainte de P. Buisson vise évidemment à faire un exemple. Récemment, des chercheurs ont été la cible de ce type d’attaques : Olivier Filleule, Vincent Geisser, Isabelle Sommier. Cette fois, l’attaque vient de plus « haut ». Demain, à qui le tour ? Qui doit décider des territoires autorisés aux scientifiques, aux écrivains, aux journalistes ? Qui doit décider des appréciations qu’ils tirent de leurs enquêtes ? Les tribunaux ? Sartre aurait été condamné cent fois, Foucault, cent fois, Bourdieu tout autant.

« Tu enquêtes, tu critiques ? Gare au procès ! ». Collectivement, nous le refusons. Collectivement, nous reprenons à notre compte - au mot près - les propos d’Alain Garrigou.

Appel des 100 :

Alain Accardo (sociologue, université Bordeaux III)

Jean-Christophe Angaut (philosophe, Ecole Normale Supérieure)

Mathieu Bara (sociologue, université Bordeaux IV)

Christophe Baticle (sociologue, université de Picardie Jules Verne)

Francine Bavay (vice présidente du Conseil Régional d’Ile de France)

Eric Beynel (porte-parole national de l’union syndicale Solidaires)

Laurent Bonelli (politiste, université Paris Ouest – Nanterre)

Jacques Bidet (professeur de philosophie, université Paris Ouest Nanterre)

Noelle Burgi (chercheure en science politique, CNRS)

Leila Chaibi (co-présidente de la Fondation Copernic)

Véronique Champeil-Desplats (professeur de droit public, université Paris Ouest-Nanterre)

Stéphane Chantegros (sociologue, CRESPA Limoges)

Robert Charvin (agrégé des facultés de droit, professeur émérite à l’université de Nice-Sophia Antipolis, doyen honoraire)

Antonin Cohen (politiste, université de Picardie Jules Verne)

Annie Collovald (professeure de sociologie, université de Nantes)

Philippe Corcuff (politiste, IEP de Lyon, conseil scientifique d’ATTAC)

....

Retrouvez cet Appel sur le site de la Fondation Copernic


 
Qui sommes-nous? PDF Imprimer Envoyer


♦ Créé en 2007, le collectif Sondons les Sondages ! regroupe des citoyens qui luttent contre l’emprise des sondages d’opinion. Citoyens politisés, mais en dehors de tout positionnement partisan.

♦ Son but est de préserver un débat démocratique de qualité, qui laisse place à l'échange d’idées et s’affranchit de la référence constante aux sondages d’opinion.

♦ Depuis 2008, le collectif s’est constitué en association (loi 1901).

♦ Notre collectif est ouvert à tou(te)s celles et ceux qui partagent notre vision critique des sondages. Si vous souhaitez vous rapprocher de nous, pour faire avancer cette cause, n'hésitez pas à nous contacter!


Ce que nous dénonçons :


Menace sur la démocratie

Le collectif Sondons les Sondages constate que le débat démocratique est confisqué par la figure « experte » des instituts de sondages : en prétendant relayer la parole du peuple, ces instituts ne font qu’interpréter les volontés des citoyens, et les trahir. Le modèle démocratique, reposant sur l’élection, est gravement menacé, puisque le sondage tend à se substituer aux élections.

Vers une politique "marketing"

Nous estimons qu’il serait plus pertinent de parler d’ « entreprises de marketing et de sondages » que d’ « instituts de sondages » car ces organismes n’ont rien de scientifique. Entreprises à but lucratif, leur rôle est de vendre le plus d’études d’opinion possible. Le Collectif Sondons les Sondages ! refuse le travail de sape que mènent les instituts de sondages : ramener les opinions politiques aux goûts marketing des consommateurs, en insistant sur leur volatilité et leur faible consistance.

Une indépendance fictive

Au-delà de l’interrogation légitime sur les méthodes de fabrication des sondages, le collectif Sondons les Sondages ! dénonce les liens financiers qui existent entre ces « instituts de sondages » et certains grands groupes économiques ou certaines personnalités politiques. Leur indépendance est sujette à caution.

Plus qu’un simple instrument, le sondage d’opinion concentre en lui de nombreuses évolutions inquiétantes de notre société : évolution de la politique vers le marketing, des médias vers la désinformation, de l’économie vers le virtuel.

Face à ce constat, le collectif Sondons les Sondages ! tente d’alerter et d‘informer les citoyens sur les dangers de notre ère sondagière, par une critique radicale, et mène des actions de pression sur les décideurs publics, les médias, et les sondeurs.
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Voir aussi :

 
Soirée européenne - mercredi 27 mai à 19h30 - Café Aligre PDF Imprimer Envoyer


Sondons les élections européennes !


Mercredi 27 mai, 19h30 - Café Aligre

Soirée débat "Sondages et élections européennes"


Discrets en début de campagne, les sondages refont leur apparition dans le débat électoral de cette fin de campagne européenne.

Entre abstention record et plébiscite des listes UMP-NC, les jeux semblent faits avant même le vote des citoyens, selon les sondages d'opinion. Doit-on leur accorder beaucoup de crédits?

Sondons les Sondages vous propose d'ouvrir le débat sur l'influence des sondages dans cette campagne électorale.


Suivi d'un repas européen convivial (lasagnes, tiramisu,...) à prix d'ami.


Au Café La Commune
3 rue d'Aligre, Paris 12ème
Métro Gare de Lyon


Téléchargez l'affiche en PDF

 
Les français prennent goût à l'Europe PDF Imprimer Envoyer
L' "opinion" des Français sur l'Europe a un goût de déjà-vu

 

Dans son édition électronique du 03 mars 2009, Libération publie un article intitulé « Les Français reprennent goût à l’Europe ». Le sous-titre attire immédiatement mon attention : « Selon l’institut CSA, l’Union européenne peut aider à apporter des réponses à la crise. ». Tiens, l’institut CSA assume des opinions politiques ? Il ne se contenterait donc pas de relayer la sacro-sainte « opinion » des Français ? Le lapsus du journaliste est révélateur à plus d’un titre, comme le montre la suite de l’article.


« Une majorité de Français estime que l’Europe peut et doit impulser des réponses coordonnées, voire communes, face à la crise économique. » Première interrogation : derrière le mot « Europe », à quoi le journaliste fait-il référence ? Au Parlement européen, à la Commission, au Conseil, ou encore aux citoyens ? Mystère… L’emploi du verbe « devoir » m’interpelle également. Je m’empresse donc de chercher sur Internet les résultats bruts de ce sondage1. Et je découvre avec stupeur que la question posée aux enquêtés était la suivante :

« Face à la crise économique et financière en Europe, souhaitez-vous que les Etats-Membres de l’Union européenne…

- favorisent les solutions à l’échelle nationale ?

- renforcent la coordination entre les politiques économiques et financières des Etats membres ?

- impulsent des politiques européennes communes ? »


Comment le « souhaitez-vous » qui était proposé aux sondés s’est-il transformé en une injonction sous la plume du journaliste ?


Je poursuis la lecture de l’article : « A moins de quatre mois des élections européennes [une majorité de Français] exprim[e] en outre des attentes très précises sur ce que doivent être les engagements des députés de Strasbourg et le rôle du prochain président de la Commission. » Un bel abus de langage là encore, si l’on considère que l’expression des sondés s’est limitée à choisir entre plusieurs options proposées par l’institut de sondage, par le biais de la question suivante :

« Parmi les caractéristiques suivantes, quelles sont celles qu’un Président de la Commission européenne devrait selon vous posséder en priorité ? »

Suit une liste de 7 propositions, précises il est vrai, mais qui n’émanent pas de l’expression des citoyens, mais bien du sondeur lui-même. Il n’est même pas proposé au sondé de s’exprimer sur une caractéristique autre que celles énoncées…


La suite de l’article apporte quelques précisions qui permettent de mieux comprendre pourquoi CSA est allé poser des questions aussi pointues à un échantillon de Français. Ainsi, on apprend que le sondage a été réalisé pour « l’association Europanova», désignée par le journaliste comme une « ONG qui depuis des années s’attache à promouvoir le débat européen et à mobiliser une nouvelle génération de décideurs ».


Ma curiosité attisée, je consulte le site Internet de cette ONG2. D’après la rubrique « qui sommes-nous », je conclue que cette ONG s’apparente davantage à un « think tank ». La composition du Conseil d’Administration de cette « ONG » est éclairante : aux côtés de plusieurs cadres ou dirigeants de groupes de presse, comme le Directeur général du groupe Nouvel Observateur, ou encore le Directeur général de Métro France, nous trouvons une ancienne ministre, « conseillère spéciale du Premier ministre pour la Présidence française de l’UE » ou encore un administrateur de la Commission européenne !


Enfin, le journaliste de Libération précise que le président fondateur d’Europanova, Guillaume Klossa, « fut le conseiller de l’ex-secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet », pendant la Présidence française de l’Union. En matière de confusion des genres, on ne peut pas faire mieux… Des chefs d’entreprise, directeur de groupes de presse, fonctionnaires de la Commission et conseillers des décideurs politiques impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques européennes réunis au sein d’une même « ONG »3


Revenons à l’article de Libération. Le journaliste rapporte les résultats du sondage d’une façon entièrement biaisée, de façon à justifier le titre de son article « Les Français reprennent goût à l’Europe. » Ainsi, il déclare qu’ « à peine 33 % des personnes interrogées préfèrent des « solutions à l’échelle nationale » », alors qu’il vient de préciser que 20% espèrent l’impulsion de politiques européennes communes !

La suite de l’article confirme cette dévalorisation de la part de la population qui a « mal répondu », en soulignant « les évidentes convergences avec la sociologie du non lors du référendum de 2005. Les catégories parmi lesquelles on retrouve le plus fort pourcentage de sondés favorables à des solutions hexagonales sont les femmes (37%), les ouvriers (40%), les sans-diplômes (37%) […] ». De là à dire qu’ils ont mal répondu par ignorance, il n’y a qu’un pas…


Une fois encore, l’usage du sondage ne sert qu’à justifier une opinion politique pré-établie, en cherchant à lui conférer une légitimité puisqu’elle émane de la soi-disant « opinion des Français ». Le commanditaire du sondage, l’Institut qui réalise le sondage et le journaliste qui le publie et le commente participent tous trois à cette entreprise de contournement du débat public.

3 A titre d’anecdote, notons que sur son Blog, Guillaume Klossa rapporte fièrement qu’ « EuropaNova devient la première organisation de la société civile à prendre position pour une relance européenne passant par un nouveau traité institutionnel sans référendum. » Pour une ONG qui dit vouloir promouvoir « le débat public » et « favoriser le dialogue direct entre citoyens et décideurs des pays de l’Union », il s’agit là d’une fierté bien étrange...


 
Ipsos : coups de sonde sur l'inceste PDF Imprimer Envoyer
Le Totem de l'opinion publique à l'assaut d'un Tabou ancestral, ou quand IPSOS éclaire les structures élémentaires de la pénalité


"À l'heure où il n'existe pas de statistique nationale en matière d'inceste", IPSOS et son fidèle Échantillon se chargent du dossier. Résultat des courses : un vide numérique comblé et une réforme du droit pénal en perspective !

Comme nous l’avions déjà constaté, le sondage – comme technique de production d’un intérêt là où il est contestable et l’objectivation de celui-ci par les chiffres – a envahi tous les domaines de nos vies privées et publiques.

Ipsos dans la rubrique « coups de sonde » de son site Internet, intitulé qui aurait pu être retenu par notre association pour une de ses propres rubriques, recense les sondages les plus ridicules dernièrement réalisés1. On y trouve au hasard, comme entête des dossiers « les américains aimeraient être assassinés », « les dangers du thé et du massage » ou encore « liberté d’expression et caca d’éléphant ». Je m’arrête là.

Ce n’est malheureusement pas le cas des Instituts de sondage. Aussi, non contents de vouloir rendre intéressant des sujets qui ne le sont pas en demandant l’avis des gens sur des questions dont le fonds est proche des rivières de l’Ohio, les Instituts de sondage décrédibilisent par leurs enquêtes des thèmes qui devraient donner lieu à des études approfondies et de véritables travaux de recherches du fait de leur complexité.

Ainsi, Ipsos publie sur son site un sondage réalisé le 16 et 17 janvier 2009 intitulé « les français face à l’inceste.2 » Ce sondage a été repris dans un article du Figaro en date du 28 janvier 2009 : « Deux millions de français victimes d’inceste. 3»

Le sondage ne se limite plus à nous révéler les pensées politiques les plus secrètes de nos concitoyens, il entre maintenant dans nos chaumières, bien décidé à élucider le séculaire tabou de l’inceste à coup de questions fermées. Et à nous en livrer de grands chiffres, « à l’heure où il n’existe pas de statistiques nationales en matière d’inceste », en s’appuyant sur un échantillon de… 931 personnes ! (soit 0,0016 % de la population française)


Ce sondage, qualifié d’enquête de « victimisation sur les abus sexuels » par Le Figaro, prétend recenser le nombre de personnes connaissant des victimes d’inceste ou ayant elles-mêmes subi l’inceste sans que ne soit jamais défini clairement ce qu’est l’inceste. Le détail des questions posées laisse apparaître que sont recensés dans cette catégorie les personnes de leur entourage qui ont subi avec un membre de leur famille les situations suivantes :

  • agression sexuelle, attouchement, caresse

  • viols

  • actes exhibitionnistes

Ainsi, les réponses affirmatives à ces questions permettent à Ipsos d’indiquer que 26 % des français déclarent connaître au moins une personne victime d’inceste dans son entourage. 11% de ces 26 % déclarent que cette victime est elle-même, ce qui offre la possibilité à Ipsos d’affirmer que 3 % des français déclarent avoir été victimes d’inceste.

Ipsos nous informe dans sa note introductive sur le sondage que suite à « l’affaire Fritz », du nom de cette jeune fille séquestrée par son père incestueux, l’inceste a été replacé sur le devant de la scène médiatique. Aussi, l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste (le commanditaire du sondage) et IPSOS ont souhaité – je cite – « donner la parole aux français pour connaître leur opinion sur l’inscription de l’inceste dans le droit pénal. »

Sur ce genre de sujet, la société civile est en droit de peser sur le jeu politique et le droit.

Je suis certaine du bien fondé d’études sur ce sujet et d’objectivation par des chiffres construits sur la base d’entretiens qualitatifs.


Il convient néanmoins de se poser en faux de ce sondage construit de toutes pièces dans la rapidité d’une réponse à la commande d’un client, soucieux d’obtenir des chiffres satisfaisant pour soutenir sa revendication : l’inscription de l’inceste dans le droit pénal comme un délit en tant que tel (ce n’est aujourd’hui qu’une circonstance aggravante). La compréhension linguistique d’une question n’implique pas nécessairement une compréhension pratique d’un problème que les questions soulèvent et encore moins la connaissance des enjeux notamment politiques qu’ils comportent. Ainsi il est d’abord demandé aux sondés si selon eux l’inceste est réprimé en tant que tel dans le code pénal, question à laquelle 70 % répondent oui. La seconde question mentionne le fait que l’inceste n’est pas une catégorie pénale à part entière mais « seulement » une circonstance aggravante. En demandant ensuite aux sondés s’ils sont favorables à l’inscription de l’inceste dans le code pénal, 91 % des sondés répondent alors oui…

Mais combien de personnes interrogées ont déjà un avis et une connaissance de notre fonctionnement pénal ? Manifestement, la formulation des questions influence cet « avis ».


Finalement, outre la manipulation des chiffres et leur généralisation, biais que l’on retrouve fréquemment dans l’usage des sondages. Ce sondage de l’IPSOS montre surtout de l’absence d’action de recherche et de prévention des pouvoirs publics sur la thématique de l’inceste, et témoigne des dangers qui existent à laisser des entreprises privées se saisir de ces sujets.

 
Sarkozy et les sondages : entre amour et haine PDF Imprimer Envoyer

Pourquoi L'UMP saisit la commission des sondages contre CSA ?

Le 7 février 2009, Le Parisien / Aujourd'hui en France titrait : "52% des Français n’ont pas été convaincus par le chef de l’Etat" 1, d'après un sondage en collaboration avec l'entreprise de sondage CSA. Le lendemain, l'UMP, par le biais de son porte-parole Frédéric Lefebvre, déclarait vouloir saisir la commission des sondages contre CSA au motif que l'échantillon constitué pour l'étude comportait des personnes qui n'avaient pas vu l'émission. Sarkozy a déclaré à ce sujet "Si ce n'est pas de la malhonnêteté, rien n'est malhonnête", et Lefebvre renchérit "C'est comme si on demandait aux Français n'ayant pas vu un film de donner leur avis !" 2.

Que de remous dans la presse et sur le Net ! A droite on fustige la presse 'de gauche' que représente le Parisien (sic), exigeant plus de contrôle de l'Etat sur les organismes de sondage et les médias, alors qu'à gauche on tire à boulets rouges sur le "clown de l'UMP" qui se gargarise de sa côte de popularité dans les baromètres quand elle est à la hausse (remontée pendant la présidence européenne), mais dénie les sondages qui lui sont défavorables (Seuls Le figaro/Opinion Way indique que "53 % des téléspectateurs l’ont jugé convaincant et son image s’est dans l’ensemble améliorée").Pourquoi tant d'agitation autour d'un sondage comme les autres, qu'un média, comme les autres, a utilisé pour construire un sens politique ?
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